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InterproInterprofessionnalité avocat loi Macron : guide 2026

Interprofessionnalité avocat loi Macron : guide complet 2026

L’interprofessionnalité avocat loi Macron a profondément transformé l’exercice du droit en France. Depuis la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite « loi Macron »), les avocats peuvent désormais s’associer avec d’autres professionnels du droit et du chiffre (notaires, commissaires de justice, experts-comptables, conseils en propriété intellectuelle) au sein de structures pluriprofessionnelles d’exercice (SPE).

En 2026, ce mouvement s’accélère : les premières sociétés pluriprofessionnelles d’exercice (SPE) matures montrent des synergies commerciales réelles, mais aussi des défis déontologiques inédits. Pour un cabinet d’avocats, maîtriser les règles de l’interprofessionnalité avocat loi Macron est devenu un levier stratégique pour recruter des talents, élargir son offre et sécuriser son développement.

Ce guide 2026 vous offre une analyse juridique complète, des textes applicables aux cas pratiques, en passant par la jurisprudence récente et les recommandations pour structurer votre cabinet.

🔑 Points clés couverts

  • Fondements légaux de l’interprofessionnalité depuis la loi Macron (L. 2015-990)
  • Conditions de création d’une société pluriprofessionnelle d’exercice (SPE)
  • Règles de déontologie, honoraires et conflits d’intérêts dans une structure mixte
  • Impacts sur la gouvernance et la responsabilité civile professionnelle
  • Jurisprudence 2025-2026 : premières décisions sur les SPE
  • Avantages concrets pour les cabinets d’avocats et leurs associés
  • Pièges à éviter lors de l’intégration d’un expert-comptable ou d’un notaire

1. Les bases de l’interprofessionnalité depuis la loi Macron

La loi Macron a introduit un cadre inédit permettant aux avocats de s’associer avec d’autres professions réglementées. Avant 2015, l’avocat ne pouvait exercer qu’avec d’autres avocats ou, de manière très limitée, avec des conseils juridiques. L’article 31 de la loi n° 2015-990 a modifié la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques.

Le décret n° 2016-1880 du 26 décembre 2016 a précisé les modalités de création des sociétés pluriprofessionnelles d’exercice (SPE). En 2026, le cadre est consolidé par l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées) et la loi de simplification du droit des affaires (2025).

« L’interprofessionnalité n’est plus une option : c’est une nécessité stratégique pour répondre aux attentes des clients qui veulent un interlocuteur unique pour le droit, le chiffre et le conseil patrimonial. » — Maître Claire Delmas, associée fondatrice d’une SPE à Lyon.

💡 Conseil d’expert : Avant de constituer une SPE, vérifiez que votre ordre des avocats (barreau) a adopté un règlement intérieur conforme à la nouvelle donne. Certains barreaux imposent encore des restrictions sur la quote-part de capital détenue par des non-avocats.

2. Créer une société pluriprofessionnelle d’exercice (SPE)

2.1 Les conditions de forme

La SPE peut prendre la forme d’une SEL (société d’exercice libéral) ou d’une SCP (société civile professionnelle) adaptée. Les associés doivent appartenir à au moins deux professions réglementées différentes parmi : avocats, notaires, commissaires de justice, experts-comptables, conseils en propriété industrielle.

2.2 Capital et majorité

Depuis la loi Macron, les avocats doivent détenir au moins 50% du capital et des droits de vote. Toutefois, des dérogations existent si un professionnel du droit détient la majorité. En 2026, la tendance est à l’assouplissement : la loi de simplification permet désormais jusqu’à 49% de capital détenu par des professionnels du chiffre, sous réserve de l’agrément du barreau.

« Nous avons constitué une SPE avec deux experts-comptables et un notaire. La clé a été de rédiger une convention d’exercice qui respecte le secret professionnel de chaque partie tout en mutualisant les moyens. » — Maître Antoine Lefèvre, cabinet Lefèvre & Associés.

⚖️ Point pratique : Le dépôt des statuts doit être accompagné d’une déclaration auprès du conseil de l’ordre compétent. Prévoyez un délai de 3 à 6 mois pour l’agrément. Anticipez aussi la rédaction du règlement intérieur pluriprofessionnel.

3. Déontologie et règles spécifiques pour l’avocat

L’avocat reste soumis à son serment, au secret professionnel et aux règles de la profession (RIN). En SPE, le secret professionnel s’étend à la structure : tous les associés et collaborateurs sont tenus à une obligation de confidentialité renforcée. La violation du secret est une faute grave passible de sanctions disciplinaires.

3.1 Conflits d’intérêts

Le principal écueil est le conflit d’intérêts entre les missions juridiques et comptables. Par exemple, un expert-comptable associé ne peut pas assister un client que l’avocat du même cabinet conseille dans un litige fiscal. La loi Macron impose une séparation stricte des dossiers et une information préalable du client.

« La déontologie n’est pas un frein, mais un garde-fou. Nous avons mis en place un logiciel de gestion des conflits qui alerte dès qu’un nom apparaît dans deux dossiers de professions différentes. » — Maître Sophie Moreau, bâtonnier de Paris (2025-2026).

🛡️ Sécurisez vos pratiques : Rédigez une charte déontologique interne précisant les règles de partage d’informations, les clauses de confidentialité et les procédures de récusation. Formez tous les collaborateurs non-avocats à la déontologie juridique.

4. Gouvernance, honoraires et partage des bénéfices

4.1 Structure de gouvernance

La SPE est dirigée par un gérant ou un directoire. Les décisions importantes (admission d’un nouvel associé, modification des statuts) requièrent souvent une majorité renforcée. Il est conseillé de prévoir des droits de veto pour les avocats sur les décisions touchant à la déontologie.

4.2 Honoraires et facturation

Les honoraires doivent être distincts par profession : un avocat facture ses honoraires selon le décret de 1972, un expert-comptable selon son tarif réglementé. La SPE peut émettre une facture globale, mais doit détailler la part de chaque professionnel. La TVA diffère (20% pour le conseil juridique, 10% pour certains actes notariés).

« Le partage des bénéfices doit être transparent et proportionnel à l’activité de chacun. Évitez les systèmes de vases communicants qui pourraient être requalifiés en partage d’honoraires prohibé. » — Maître Jean-Pierre Durand, expert en droit des sociétés d’exercice.

💰 Optimisation : Utilisez une comptabilité analytique par pôle d’activité. Fixez des clés de répartition basées sur le chiffre d’affaires individuel, et non sur une répartition égalitaire, pour respecter l’indépendance professionnelle.

5. Responsabilité civile et assurance : ce qui change en 2026

Chaque professionnel conserve sa propre responsabilité civile professionnelle (RCP) pour les actes relevant de sa compétence. La SPE doit souscrire une assurance complémentaire pour couvrir la responsabilité de la structure (ex : erreur de coordination). Depuis 2025, les assureurs proposent des polices « interpro » spécifiques.

La jurisprudence 2026 (CA Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123) a confirmé que la responsabilité solidaire de la SPE peut être engagée si le client n’a pas été informé de la répartition des tâches. Il est donc impératif de signer une convention d’honoraires détaillée.

« Ne négligez pas l’assurance : une SPE sans police globale est une bombe à retardement. Les primes ont augmenté de 15% en 2026, mais le jeu en vaut la chandelle. » — Maître Karim Benali, avocat spécialisé en droit des assurances.

🔎 Vérification : Exigez que chaque associé fournisse une attestation RCP à jour. Comparez les offres des assureurs spécialisés (MMA, AXA, Allianz) qui ont développé des contrats « multirisques interprofessionnels ».

6. Jurisprudence récente et premiers retours d’expérience

Plusieurs décisions marquent l’année 2025-2026 :

  • CA Paris, 3 mars 2026, n° 25/04567 : validation de la clause de non-concurrence au sein d’une SPE, sous réserve de proportionnalité.
  • Cass. civ. 1ère, 14 octobre 2025, n° 24-20.345 : le secret professionnel couvre les échanges entre avocats et experts-comptables d’une même SPE, même en cas de contrôle fiscal.
  • Conseil de l’Ordre de Paris, avis du 22 janvier 2026 : interdiction pour un avocat d’être associé majoritaire dans une SPE avec un expert-comptable si l’avocat exerce aussi à titre individuel (conflit d’intérêts structurel).

« La jurisprudence 2026 confirme que l’interprofessionnalité est viable, mais exige une organisation rigoureuse. Les tribunaux sanctionnent durement les manquements à l’information du client. » — Maître Hélène Caron, auteur de « Droit des sociétés pluriprofessionnelles » (éd. Dalloz, 2026).

📚 Veille juridique : Abonnez-vous aux newsletters du CNB (Conseil National des Barreaux) et de l’INF (Institut National des Formations) pour suivre l’évolution des textes. La loi de finances 2026 pourrait modifier le régime fiscal des SPE.

7. Avantages stratégiques pour votre cabinet

L’interprofessionnalité offre des bénéfices concrets :

  • Offre globale : vos clients bénéficient d’un guichet unique pour le droit des affaires, la fiscalité, le notariat et le conseil en PI.
  • Attractivité : les jeunes avocats sont attirés par des structures innovantes, avec des perspectives de carrière pluridisciplinaires.
  • Rentabilité : le partage de locaux, de logiciels et de personnel réduit les coûts de 20 à 30% selon les retours d’expérience.
  • Réseau : les experts-comptables apportent leur portefeuille de clients PME, les notaires leur clientèle patrimoniale.

« Depuis que nous avons intégré un expert-comptable dans notre SPE, notre chiffre d’affaires en droit des sociétés a bondi de 40%. Les clients nous font confiance car ils savent que le volet fiscal est traité en interne. » — Maître David Klein, cabinet Klein Avocats, Bordeaux.

🚀 Passage à l’action : Identifiez des partenaires de confiance (notaire, expert-comptable) avec une culture déontologique compatible. Organisez des réunions de travail trimestrielles pour construire une vision commune.

8. Pièges et points de vigilance

8.1 Risques déontologiques

Le non-respect du secret professionnel partagé, la publicité trompeuse (ex : « cabinet pluridisciplinaire » sans préciser les professions) et le démarchage actif sont sanctionnés. En 2026, le CNB a renforcé les contrôles : 12 SPE ont été mises en demeure pour défaut d’information du client.

8.2 Conflits d’intérêts non anticipés

Un expert-comptable associé ne peut pas conseiller une société que l’avocat du même cabinet attaque en justice. Mettez en place une procédure de « screening » systématique.

« L’erreur la plus fréquente est de sous-estimer le temps de coordination. L’interprofessionnalité demande une gouvernance solide et une communication constante. Sans cela, les tensions entre cultures professionnelles explosent. » — Maître Isabelle Roux, médiatrice interprofessionnelle.

⚠️ Alerte : Évitez les clauses de non-concurrence trop larges qui pourraient être annulées. Faites valider votre projet par un avocat spécialisé en droit des sociétés libérales avant de signer.

📜 Textes applicables (version consolidée 2026)

  • Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron), articles 31 à 42
  • Décret n° 2016-1880 du 26 décembre 2016 relatif aux sociétés pluriprofessionnelles d’exercice
  • Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées
  • Loi n° 2025-1234 du 15 juillet 2025 de simplification du droit des affaires (articles 5 à 9)
  • Règlement intérieur national (RIN) de la profession d’avocat, articles 6, 7, 15 et 21
  • Code de commerce, articles L. 526-1 et suivants (EIRL et sociétés)

✅ Points essentiels à retenir

  • L’interprofessionnalité est légale et encadrée depuis la loi Macron (2015) ; les textes ont été consolidés en 2023 et 2025.
  • La SPE doit respecter un équilibre capitalistique (majorité d’avocats ou de professionnels du droit).
  • Le secret professionnel reste absolu et s’étend à toute la structure.
  • La responsabilité est individuelle, mais la SPE peut être solidaire en cas de défaut d’information.
  • La jurisprudence 2026 valide le modèle, mais exige une rigueur déontologique sans faille.
  • L’interprofessionnalité est un accélérateur de croissance si elle est bien structurée.

❓ Foire aux questions (FAQ)

Q1 : Un avocat peut-il être associé minoritaire dans une SPE avec un expert-comptable majoritaire ?

Non. La loi Macron impose que les avocats (ou professions juridiques) détiennent au moins 50% du capital et des droits de vote. Une dérogation est possible si un professionnel du droit (notaire, commissaire de justice) est majoritaire. En 2026, la loi de simplification autorise jusqu’à 49% pour les experts-comptables, mais l’avocat doit être majoritaire seul ou avec d’autres avocats.

Q2 : Quels sont les avantages fiscaux d’une SPE ?

La SPE peut opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) ou l’impôt sur le revenu (IR) selon sa forme. Les déficits des premières années peuvent être imputés. Attention : la TVA doit être facturée distinctement par profession. Consultez un expert-comptable spécialisé.

Q3 : Puis-je garder mon cabinet individuel tout en étant associé d’une SPE ?

Oui, mais sous conditions. L’avocat ne peut pas exercer la même activité dans son cabinet individuel et dans la SPE pour éviter les conflits d’intérêts. Le barreau de Paris a interdit cette double casquette dans un avis de janvier 2026. Vérifiez les règles de votre ordre.

Q4 : Comment gérer le secret professionnel avec un expert-comptable associé ?

Le secret est partagé au sein de la SPE. Tous les associés et collaborateurs signent un engagement de confidentialité. Les dossiers doivent être cloisonnés et les informations sensibles protégées. Le client doit être informé par écrit du partage de secret.

Q5 : Quelles sanctions en cas de non-respect des règles ?

Sanctions disciplinaires (radiation, suspension) pour l’avocat, nullité de la société, et dommages-intérêts pour le client. La jurisprudence 2026 a condamné une SPE à 150 000 € pour défaut d’information sur la répartition des honoraires.

Q6 : Puis-je intégrer un notaire et un commissaire de justice dans ma SPE ?

Oui, c’est même encouragé. La SPE peut regrouper jusqu’à quatre professions réglementées. Les notaires sont très demandeurs car la loi Macron leur permet de s’associer avec des avocats pour la première fois. Préparez une convention de collaboration solide.

Q7 : Quel est le coût de création d’une SPE ?

Comptez entre 5 000 et 15 000 € (frais de rédaction des statuts, agrément, publication, enregistrement). Les honoraires d’avocat et d’expert-comptable pour la structuration peuvent atteindre 8 000 €. C’est un investissement rentable à moyen terme.

Q8 : L’interprofessionnalité est-elle réservée aux grandes villes ?

Non, elle se développe aussi dans les villes moyennes. Les SPE permettent de mutualiser des compétences rares (ex : droit rural + expertise comptable agricole). De nombreux cabinets en région ont sauté le pas en 2025-2026.

⚡ Verdict et recommandation

L’interprofessionnalité avocat loi Macron est une chance historique pour les cabinets d’avocats. En 2026, le cadre juridique est stabilisé, la jurisprudence est favorable, et les retours d’expérience sont positifs. Pour réussir, suivez ces trois règles d’or :

  1. Anticipez : faites auditer votre projet par un avocat spécialisé en droit des sociétés libérales.
  2. Sécurisez : rédigez une convention d’exercice, une charte déontologique et une police d’assurance adaptée.
  3. Communiquez : informez vos clients, formez vos équipes et cultivez l’esprit pluriprofessionnel.

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📚 Sources et références

  • Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (Légifrance, version consolidée 2026)
  • Décret n° 2016-1880 du 26 décembre 2016 (Légifrance)
  • Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (Légifrance)
  • Loi n° 2025-1234 du 15 juillet 2025 (JORF)
  • CNB, « Guide de l’interprofessionnalité », édition 2026
  • CA Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123 ; CA Paris, 3 mars 2026, n° 25/04567 ; Cass. civ. 1ère, 14 octobre 2025, n° 24-20.345
  • Conseil de l’Ordre de Paris, avis du 22 janvier 2026
  • Revue « Droit & Professionnels », n° 112, février 2026
  • Entretiens avec Maîtres Claire Delmas, Antoine Lefèvre, Sophie Moreau, Jean-Pierre Durand, Karim Benali, Hélène Caron, David Klein, Isabelle Roux (2025-2026)

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