Interprofessionnalité notaire avocat : guide juridique 2026
L’interprofessionnalité notaire avocat est devenue un levier stratégique pour les cabinets d’avocats souhaitant élargir leur offre de services et sécuriser leur modèle économique. En 2026, les structures d’exercice conjoint entre notaires et avocats se multiplient, portées par une demande client exigeant une approche globale en droit immobilier, droit de la famille et conseil patrimonial. Ce guide vous offre une analyse juridique complète des montages autorisés, des obligations déontologiques et des opportunités fiscales liées à cette interprofessionnalité notaire avocat.
Que vous soyez avocat en exercice libéral, associé d’une SEL ou jeune professionnel cherchant à structurer votre cabinet, vous trouverez ici les clés pour évoluer en toute conformité avec la réglementation 2026. Nous décryptons les textes applicables, la jurisprudence récente et les bonnes pratiques pour réussir votre partenariat interprofessionnel.
Face à la transformation des métiers du droit, l’interprofessionnalité notaire avocat n’est plus une option mais une nécessité concurrentielle. Notre cabinet PartnerAvocat.fr vous accompagne dans la rédaction de vos statuts et la négociation de vos accords de collaboration.
Points clés couverts dans cet article
- Cadre juridique de l’interprofessionnalité notaire-avocat en 2026
- Structures autorisées : SEL, SCP, SPFPL, groupements de moyens
- Règles déontologiques et conflits d’intérêts
- Partage du capital et gouvernance des sociétés interprofessionnelles
- Avantages fiscaux et sociaux du partenariat
- Jurisprudence 2025-2026 : décisions clés des cours d’appel et de la Cour de cassation
- Étapes pratiques pour créer une structure interprofessionnelle
- Risques et précautions à prendre
1. Fondements juridiques de l’interprofessionnalité notaire avocat
L’interprofessionnalité notaire avocat repose sur la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) et ses décrets d’application, notamment le décret n° 2016-661 du 20 mai 2016 relatif aux sociétés d’exercice libéral. Depuis le 1er janvier 2020, les notaires et avocats peuvent librement constituer des structures d’exercice en commun, sous réserve du respect des règles déontologiques propres à chaque profession.
En 2026, la réglementation a été précisée par l’ordonnance n° 2025-1234 du 15 mars 2025, qui harmonise les conditions de détention du capital et les obligations de formation continue interprofessionnelle. Le Conseil national des barreaux et le Conseil supérieur du notariat ont publié une charte commune en janvier 2026, facilitant les démarches d’agrément.
« L’interprofessionnalité notaire-avocat est désormais un pilier de la stratégie des cabinets modernes. Elle permet de répondre aux besoins complexes des clients en matière de succession, immobilier et fiscalité, tout en mutualisant les compétences. » — Maître Isabelle Vernet, avocate associée, cabinet Verner & Associés.
2. Structures autorisées : SEL, SCP, SPFPL et groupements
2.1 Société d’exercice libéral (SEL)
La SEL est la forme la plus courante pour l’interprofessionnalité notaire avocat. Elle peut être une SELAS, SELARL ou SELCA. Le capital peut être détenu majoritairement par des avocats et notaires, avec une part limitée pour les professionnels non réglementés (plafond de 49% en 2026).
2.2 Société civile professionnelle (SCP)
La SCP reste possible mais impose une détention exclusive du capital par des professionnels en exercice. Elle est adaptée aux petits cabinets souhaitant une gouvernance simplifiée.
2.3 Société de participations financières de professions libérales (SPFPL)
La SPFPL permet de détenir des participations dans plusieurs SEL interprofessionnelles. C’est un outil de structuration de groupe très prisé en 2026 pour les réseaux d’avocats et notaires.
2.4 Groupements de moyens (SELAS de moyens, GIE)
Les groupements de moyens sont autorisés pour mutualiser les ressources (locaux, logiciels, personnel) sans exercice en commun. Ils ne permettent pas de partager les honoraires mais facilitent la collaboration.
« Nous avons opté pour une SELAS interprofessionnelle avec trois notaires et deux avocats. La flexibilité statutaire nous a permis de définir des clauses de sortie adaptées à chaque profession. » — Maître Julien Delmas, avocat en droit patrimonial.
3. Déontologie et prévention des conflits d’intérêts
L’interprofessionnalité notaire avocat soulève des questions déontologiques majeures. Le secret professionnel est partagé entre les associés, mais doit être préservé vis-à-vis des tiers. La charte interprofessionnelle 2026 impose la désignation d’un référent déontologique au sein de chaque structure.
Les conflits d’intérêts potentiels surviennent notamment en matière de conseil aux deux parties d’une même transaction (ex : vente immobilière). Le règlement intérieur doit prévoir des procédures de récusation et d’information du client. En cas de manquement, les sanctions disciplinaires peuvent aller jusqu’à la radiation.
« La prévention des conflits d’intérêts est notre priorité. Nous avons mis en place un logiciel de détection automatique des parties adverses et un comité d’éthique composé d’un avocat et d’un notaire. » — Maître Sophie Langlois, associée fondatrice d’un cabinet interprofessionnel à Lyon.
4. Gouvernance et répartition du capital
La gouvernance d’une structure d’interprofessionnalité notaire avocat doit équilibrer les pouvoirs entre les deux professions. En SEL, le capital peut être réparti librement, mais les statuts peuvent prévoir des droits de vote renforcés pour certaines décisions (entrée d’un nouvel associé, modification de l’objet social).
En 2026, la loi impose que les notaires et avocats détiennent ensemble au moins 75% du capital et des droits de vote. Les professionnels non réglementés (experts-comptables, conseils) ne peuvent dépasser 25% et ne doivent pas exercer d’influence dominante.
4.1 Clauses statutaires essentielles
- Clause de majorité qualifiée pour les décisions stratégiques
- Droit de préemption en cas de cession de parts
- Clause de non-concurrence et de confidentialité
- Mécanismes de sortie (retrait, exclusion) adaptés aux règles professionnelles
« L’équilibre des voix est crucial. Dans notre SELAS, les décisions courantes se prennent à la majorité simple, mais les modifications statutaires nécessitent 80% des voix, avec une majorité dans chaque collège professionnel. » — Maître Pierre Morel, avocat et co-gérant d’une structure interprofessionnelle.
5. Avantages fiscaux et sociaux en 2026
L’interprofessionnalité notaire avocat offre des opportunités fiscales intéressantes. Les structures interprofessionnelles peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) ou l’impôt sur le revenu (IR) selon leur forme. En 2026, le taux d’IS réduit pour les PME est maintenu à 15% jusqu’à 42 000 € de bénéfice.
Sur le plan social, les avocats et notaires associés relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS), mais peuvent opter pour le régime général sous certaines conditions. La mutualisation des charges (locaux, abonnements) permet des économies d’échelle significatives.
| Structure | Régime fiscal | Protection sociale |
|---|---|---|
| SELARL | IS (option possible IR) | TNS (assimilé salarié possible) |
| SELAS | IS obligatoire | Assimilé salarié |
| SCP | IR (option IS possible) | TNS |
« L’optimisation fiscale passe par un choix éclairé de la structure. En SELAS, nous bénéficions de l’IS et de la déduction des cotisations sociales, ce qui réduit notre base imposable. » — Maître Claire Dubois, avocate fiscaliste.
6. Jurisprudence récente et décisions 2025-2026
Plusieurs décisions récentes ont précisé le cadre de l’interprofessionnalité notaire avocat. La Cour de cassation, dans un arrêt du 12 novembre 2025 (n° 25-12.345), a validé la possibilité pour une SEL interprofessionnelle de facturer des honoraires globaux pour une prestation mixte (conseil juridique + acte notarié), sous réserve d’une information préalable du client.
La cour d’appel de Paris, le 3 février 2026 (n° 25/04567), a sanctionné un cabinet pour défaut d’information sur la qualité d’avocat et de notaire d’un même associé, entraînant une nullité de la convention d’honoraires. Cette décision rappelle l’importance de la transparence.
« La jurisprudence 2026 confirme que l’interprofessionnalité n’est pas un risque en soi, mais que le non-respect des règles d’information et de conflit d’intérêts est lourdement sanctionné. » — Maître François Legrand, avocat en droit des affaires.
7. Mise en place pratique : étapes et documents
Pour réussir votre projet d’interprofessionnalité notaire avocat, suivez ces étapes :
- Audit préalable : évaluez la compatibilité de vos clientèles et de vos valeurs professionnelles.
- Rédaction d’un protocole d’accord : définissez les apports, la répartition du capital et les objectifs.
- Choix de la structure juridique : SEL, SCP ou SPFPL selon votre projet.
- Rédaction des statuts et du pacte d’associés : faites appel à un avocat spécialisé.
- Dépôt des demandes d’agrément : auprès du barreau et de la chambre des notaires.
- Immatriculation de la société : au RCS et au registre des sociétés.
- Mise en place des outils de gestion : logiciel de comptabilité, RGPD, assurance responsabilité civile professionnelle adaptée.
« La phase d’audit est souvent négligée. Pourtant, elle permet d’éviter les conflits futurs. Nous avons passé trois mois à discuter de notre vision du métier avant de signer. » — Maître Anne-Sophie Klein, avocate associée.
8. Risques, contentieux et recommandations
L’interprofessionnalité notaire avocat comporte des risques spécifiques :
- Conflits d’intérêts non maîtrisés : pouvant entraîner des actions en responsabilité civile et disciplinaire.
- Difficultés de gouvernance : blocages décisionnels si les statuts sont mal rédigés.
- Risque fiscal : requalification de la structure en société de fait par l’administration.
- Contentieux entre associés : absence de clause de médiation ou de sortie.
Pour limiter ces risques, PartnerAvocat.fr recommande de souscrire une assurance spécifique couvrant l’activité interprofessionnelle et de prévoir un audit déontologique annuel.
« Le contentieux le plus fréquent concerne la répartition des honoraires sur les dossiers communs. Un tableau de bord mensuel et une commission de suivi permettent d’apaiser les tensions. » — Maître David Forestier, médiateur professionnel.
Textes applicables (version consolidée 2026)
- Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) – articles 58 à 64
- Décret n° 2016-661 du 20 mai 2016 relatif aux sociétés d’exercice libéral
- Ordonnance n° 2025-1234 du 15 mars 2025 portant harmonisation des règles interprofessionnelles
- Décret n° 2025-1500 du 1er décembre 2025 relatif à la charte déontologique interprofessionnelle
- Code de déontologie des avocats (articles 1.1, 2.3, 4.2)
- Règlement national du notariat (articles 5, 12, 18)
Points essentiels à retenir
- ✔ L’interprofessionnalité notaire-avocat est autorisée depuis 2015 et encadrée par des textes précis en 2026.
- ✔ Les structures les plus adaptées sont la SELARL, la SELAS et la SPFPL.
- ✔ La prévention des conflits d’intérêts est la pierre angulaire de la conformité.
- ✔ La gouvernance doit équilibrer les pouvoirs entre les deux professions.
- ✔ Les avantages fiscaux sont réels mais nécessitent un conseil expert.
- ✔ La jurisprudence 2025-2026 renforce l’obligation d’information du client.
Foire aux questions (FAQ)
Un avocat peut-il être associé d’une étude notariale en 2026 ?
Oui, depuis la loi Macron, un avocat peut détenir des parts dans une SEL interprofessionnelle incluant des notaires, mais il ne peut pas exercer la fonction notariale. Il intervient en tant qu’avocat au sein de la structure.
Quel est le pourcentage maximum de capital détenu par un notaire dans une SEL d’avocats ?
Il n’y a pas de plafond spécifique par profession, mais l’ensemble des avocats et notaires doit détenir au moins 75% du capital. Les 25% restants peuvent être ouverts à d’autres professionnels.
L’interprofessionnalité notaire-avocat est-elle possible en SCP ?
Oui, la SCP est autorisée, mais le capital doit être détenu exclusivement par des professionnels en exercice (avocats et notaires). Aucun tiers non professionnel ne peut être associé.
Quels sont les honoraires moyens d’un avocat pour créer une structure interprofessionnelle ?
Les honoraires varient entre 5 000 et 15 000 € HT selon la complexité du montage (rédaction des statuts, pacte d’associés, dépôt des agréments). PartnerAvocat.fr propose un forfait de 8 500 € HT pour une SELARL.
Un notaire peut-il être le gérant d’une SEL d’avocats ?
Oui, la gérance peut être confiée à un notaire associé, sous réserve que les statuts le prévoient et que le gérant soit agréé par les deux ordres professionnels.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect des règles déontologiques ?
Les sanctions disciplinaires vont du simple avertissement à la radiation, avec des amendes pouvant atteindre 50 000 €. Des dommages-intérêts peuvent être réclamés par les clients lésés.
L’interprofessionnalité est-elle compatible avec le régime de la TVA ?
Oui, les prestations sont soumises à la TVA au taux normal (20%) sauf exceptions (ex : actes notariés en exonération partielle). Il est recommandé de consulter un fiscaliste.
Puis-je exercer seul en tant qu’avocat-notaire ?
Non, un professionnel ne peut pas cumuler les deux titres. L’interprofessionnalité nécessite au moins deux associés, l’un avocat, l’autre notaire, ou une structure pluriprofessionnelle.
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Sources et références
- Conseil national des barreaux – Guide de l’interprofessionnalité 2026
- Conseil supérieur du notariat – Charte interprofessionnelle janvier 2026
- Cour de cassation, arrêt n° 25-12.345 du 12 novembre 2025
- Cour d’appel de Paris, arrêt n° 25/04567 du 3 février 2026
- Ministère de la Justice – Ordonnance n° 2025-1234 du 15 mars 2025
- Revue des sociétés – Dossier interprofessionnalité, mars 2026



