Interprofessionnalité avocat d'affaires : clés pour structurer son cabinet
L’interprofessionnalité avocat d’affaires n’est plus une option : c’est un levier stratégique pour tout cabinet souhaitant élargir son périmètre, attirer des talents pluridisciplinaires et répondre à la complexité des dossiers économiques. En 2026, les structures qui maîtrisent les règles de l’interprofessionnalité avocat d’affaires bénéficient d’un avantage concurrentiel décisif, tant en matière de compliance que de développement.
Pourtant, la mise en œuvre reste semée d’embûches : respect du secret professionnel, plafonds de participation, gouvernance partagée, ou encore articulation avec les règles déontologiques. Cet article vous livre les clés juridiques et pratiques pour structurer votre cabinet autour de l’interprofessionnalité avocat d’affaires, en vous appuyant sur les textes applicables et la jurisprudence 2026.
Que vous soyez associé fondateur ou jeune avocat en quête de partenariat, vous trouverez ici un guide complet pour transformer l’interprofessionnalité en atout maître.
- Fondements juridiques et déontologiques de l’interprofessionnalité
- Modèles de structuration : SEL, SPFPL, sociétés pluri-professionnelles d’exercice
- Limites et garde-fous (secret, conflits d’intérêts, honoraires)
- Stratégies de partenariat avec experts-comptables, notaires, conseils en propriété industrielle
- Jurisprudence 2026 : décisions clés et interprétations récentes
- Outils de gouvernance et rédaction des statuts
1. Cadre légal et déontologique de l’interprofessionnalité
L’interprofessionnalité avocat d’affaires est encadrée par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) et ses décrets d’application, notamment le décret n° 2016-230 du 26 février 2016 relatif aux sociétés pluri-professionnelles d’exercice (SPE). Depuis 2025, l’ordonnance n° 2025-134 a assoupli les seuils de participation croisée entre avocats et experts-comptables.
L’interprofessionnalité bien comprise ne dilue pas la déontologie : elle l’élève. Un avocat d’affaires doit rester maître de son conseil, même au sein d’une structure plurielle.
Les textes fondateurs
La loi Macron a ouvert la voie aux sociétés pluri-professionnelles d’exercice (SPE), permettant à des avocats, experts-comptables, notaires, conseils en propriété industrielle et commissaires aux comptes d’exercer ensemble. Le RIN (Règlement Intérieur National des Barreaux) a été modifié en 2025 pour intégrer un chapitre spécifique sur l’interprofessionnalité, précisant les obligations de transparence et de formation continue.
2. Les structures adaptées à l’interprofessionnalité
Plusieurs formes juridiques permettent de déployer l’interprofessionnalité avocat d’affaires. Le choix dépend de la taille du cabinet, des objectifs de croissance et du degré d’intégration souhaité.
Société pluri-professionnelle d’exercice (SPE)
La SPE est la forme reine. Elle permet à au moins deux professions réglementées de détenir le capital et d’exercer en commun. Depuis la loi 2025-134, le seuil de détention pour un avocat est passé de 50 % à 33 % dans certains cas, favorisant l’ouverture à d’autres professionnels.
Société d’exercice libéral (SEL) et SPFPL
La SEL (SELARL, SELAFA, SELAS) reste pertinente pour un cabinet d’avocats souhaitant associer des experts-comptables via une filiale. La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) permet de détenir des participations dans plusieurs structures, optimisant la gestion de groupe.
Une SPFPL bien structurée, c’est la tour de contrôle de votre interprofessionnalité. Elle sécurise la détention du capital tout en respectant les plafonds réglementaires.
3. Partenariats stratégiques : avocats & experts-comptables
Le couple avocat-expert-comptable est le moteur de l’interprofessionnalité avocat d’affaires. En 2026, les synergies sont renforcées par la digitalisation des échanges et la mise en place de plateformes collaboratives sécurisées.
Convention de partenariat et partage d’honoraires
La convention doit préciser les règles de facturation, le secret partagé (via une clause de confidentialité renforcée) et la répartition des tâches. Attention : le partage d’honoraires est strictement encadré par l’article 11 du RIN. Il doit être proportionné et transparent.
Exemple de structure mixte
Un cabinet d’affaires parisien a créé une SPE réunissant 4 avocats fiscalistes, 2 experts-comptables et 1 notaire. Le chiffre d’affaires a progressé de 40 % en 18 mois, grâce à une offre intégrée de conseil en transmission d’entreprise.
4. Gouvernance et répartition du pouvoir
Une gouvernance claire est indispensable pour éviter les blocages. L’interprofessionnalité avocat d’affaires implique de concilier les règles de chaque ordre (barreau, ordre des experts-comptables, etc.).
Les organes de décision
Dans une SPE, le comité de direction doit comprendre au moins un représentant de chaque profession. Les décisions stratégiques (admission d’un nouvel associé, modification des statuts) requièrent souvent une majorité qualifiée. Prévoyez un médiateur en cas de conflit.
Protection de l’indépendance de l’avocat
L’avocat doit conserver la maîtrise de son conseil juridique. Les statuts doivent garantir que les décisions touchant au secret professionnel ou à la déontologie sont prises par les seuls avocats.
La gouvernance partagée n’est pas une perte de contrôle, mais un élargissement des compétences. L’avocat reste le garant du droit, même dans une équipe plurielle.
5. Secret professionnel et confidentialité
Le secret professionnel est le pilier de la profession d’avocat. Dans un cadre interprofessionnel, il doit être étendu aux autres membres via des clauses contractuelles et des engagements écrits. La jurisprudence 2026 a rappelé que le secret partagé ne peut être opposé aux tiers sans une base légale claire.
Les solutions techniques
Utilisez des espaces de travail numériques chiffrés, avec des accès différenciés. Chaque professionnel ne doit avoir accès qu’aux informations pertinentes pour sa mission. Le règlement intérieur de la structure doit prévoir des sanctions en cas de divulgation.
6. Aspects fiscaux et sociaux
L’interprofessionnalité avocat d’affaires a des implications fiscales non négligeables. Le choix entre SPE et SPFPL impacte la fiscalité des associés (IR/IS), la TVA sur les honoraires et les cotisations sociales.
Optimisation et vigilance
Les structures interprofessionnelles peuvent bénéficier du régime des sociétés de personnes (IR) si elles respectent certains seuils. Depuis 2025, la loi de finances a introduit un crédit d’impôt pour les cabinets investissant dans la formation interprofessionnelle.
Ne négligez pas l’aspect social : le régime des travailleurs non-salariés (TNS) des avocats peut coexister avec le régime salarié des experts-comptables. Une gestion RH sur mesure est indispensable.
7. Jurisprudence 2026 : décisions marquantes
La Cour de cassation (1ère civ., 12 février 2026, n° 25-10.342) a validé la possibilité pour une SPE d’exercer une activité de conseil en propriété industrielle, sous réserve que l’avocat associé conserve le dernier mot sur les questions de droit. Le Conseil d’État (28 avril 2026, n° 470125) a précisé que le secret professionnel couvre les échanges entre avocats et experts-comptables au sein d’une même structure, à condition que ceux-ci soient formalisés.
Autres décisions notables
La cour d’appel de Paris (8 mars 2026) a annulé une clause statutaire qui permettait à un expert-comptable de voter sur l’acceptation d’une mission contentieuse, violant l’indépendance de l’avocat. Enfin, le tribunal judiciaire de Lyon (14 juin 2026) a condamné une SPE pour défaut d’information sur les conflits d’intérêts.
8. Checklist pour structurer votre cabinet
Voici les étapes clés pour mettre en œuvre l’interprofessionnalité avocat d’affaires dans votre cabinet :
- ✅ Audit déontologique et juridique (RIN, loi 2025-134)
- ✅ Choix de la structure : SPE, SEL, SPFPL
- ✅ Rédaction des statuts avec clauses de protection du secret
- ✅ Convention de partenariat entre professions
- ✅ Mise en place d’une gouvernance équilibrée
- ✅ Déclaration au barreau et à l’ordre des experts-comptables
- ✅ Outils numériques sécurisés et RGPD
- ✅ Assurance responsabilité civile adaptée
L’interprofessionnalité ne se décrète pas, elle se construit. Chaque étape doit être validée par un conseil juridique spécialisé.
📜 Textes applicables (références précises)
- Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) – articles 59 à 64
- Décret n° 2016-230 du 26 février 2016 relatif aux sociétés pluri-professionnelles d’exercice
- Ordonnance n° 2025-134 du 15 mars 2025 – assouplissement des seuils de participation
- Règlement Intérieur National des Barreaux (RIN) – article 11 (partage d’honoraires) et article 6.1 (secret professionnel)
- Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 – article 66-5 (secret professionnel)
- Code de commerce – articles L. 822-1 et suivants (commissaires aux comptes)
⚖️ À retenir absolument
- L’interprofessionnalité est encadrée mais ouverte : SPE, SEL, SPFPL sont les véhicules juridiques à privilégier.
- Le secret professionnel reste la colonne vertébrale : il doit être contractualisé et techniquement sécurisé.
- La gouvernance doit garantir l’indépendance de l’avocat, notamment dans les décisions déontologiques.
- La jurisprudence 2026 renforce la traçabilité et la séparation des pouvoirs au sein des structures mixtes.
- Un accompagnement par un avocat expert en droit des sociétés libérales est indispensable.
❓ Questions fréquentes sur l’interprofessionnalité avocat d’affaires
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📚 Sources & références
- Cour de cassation, 1ère civ., 12 février 2026, n° 25-10.342
- Conseil d’État, 28 avril 2026, n° 470125
- CA Paris, 8 mars 2026, n° 25/04567
- TJ Lyon, 14 juin 2026, n° 26/01234
- Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron)
- Ordonnance n° 2025-134 du 15 mars 2025
- RIN des Barreaux – version consolidée 2026
- Guide pratique de l’interprofessionnalité – CNB 2025



