Changer la forme d'une SARL d'avocats en SAS : procédure et avantages
Vous souhaitez faire évoluer votre cabinet ? Changer la forme d'une SARL à une SAS pour votre société d'avocats offre flexibilité statutaire et gouvernance simplifiée. Découvrez les étapes clés et les implications juridiques.

Transformer une société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) en société par actions simplifiée (SAS) est une opération stratégique qui séduit de nombreux cabinets d’avocats. La société d'avocats changer de forme d'une sarl à une sas n’est pas une simple formalité : elle implique une modification statutaire, des décisions collectives et un accompagnement juridique rigoureux. Pourtant, les bénéfices en termes de gouvernance, de flexibilité statutaire et d’attractivité pour de nouveaux associés justifient souvent cette évolution.
Ce guide détaille, étape par étape, la procédure de transformation d’une SARL d’avocats (SELARL) en SAS, les avantages concrets pour le cabinet, les pièges à éviter et les textes applicables. Vous y trouverez également des avis d’experts et une FAQ pratique. Que vous soyez associé fondateur ou jeune avocat pressenti pour devenir associé, cet article vous donne les clés pour réussir votre changement de forme sociale en 2026.
PartnerAvocat.fr vous accompagne dans la structuration de votre cabinet : trouver des partenaires, devenir associé, maîtriser le droit du cabinet d’avocat.
📌 Points clés couverts
- Procédure détaillée de transformation d’une SELARL en SAS (étapes juridiques et décisions collectives)
- Avantages stratégiques : gouvernance souple, liberté statutaire, transmission des parts
- Impact sur le régime social des avocats associés et la responsabilité
- Obligations de publicité et mentions obligatoires (CNBF, Ordre, greffe)
- Articulation avec les règles déontologiques : exercice en commun, indépendance, confidentialité
- Jurisprudence 2026 : clarification sur la transformation sans création d’une personne morale nouvelle
- Focus sur les clauses statutaires spécifiques à la SAS d’avocats (agrément, exclusion, droit de vote)
- Calendrier indicatif et coûts prévisionnels
1. Pourquoi changer de forme : SARL vs SAS
La SARL d’avocats (SELARL) offre un cadre classique mais rigide : parts sociales non librement cessibles, règles de majorité contraignantes, et un fonctionnement souvent calqué sur la société commerciale. À l’inverse, la SAS permet une liberté statutaire quasi totale : organisation des pouvoirs, création de catégories d’actions, clauses d’agrément sur mesure, et possibilité d’intégrer facilement de nouveaux associés.
2. Conditions préalables et vérifications
Avant d’engager la transformation, il faut vérifier :
- L’unanimité ou la majorité requise : dans la SELARL, la transformation exige l’accord de la majorité des associés (selon les statuts, souvent les 3/4).
- L’absence de clause d’agrément bloquante : certains statuts de SARL limitent la transformation. Une révision préalable est nécessaire.
- La situation comptable : un audit de la valeur des parts est recommandé, surtout si des associés minoritaires souhaitent se retirer.
3. Procédure pas à pas (décisions, assemblée, statuts)
3.1 Décision des associés
Convocation d’une assemblée générale extraordinaire avec ordre du jour : transformation en SAS, adoption des nouveaux statuts, nomination des dirigeants (président, directeur général).
3.2 Rédaction des statuts de la SAS
Les statuts doivent comporter les mentions légales (dénomination, siège, durée, capital, actions, etc.) et les clauses spécifiques aux avocats : exercice en commun, indépendance, confidentialité, et respect des règles déontologiques. Prévoyez une clause d’agrément pour toute cession d’actions.
3.3 Publicité et dépôt
Publication d’un avis de modification dans un journal d’annonces légales, puis dépôt du dossier au greffe (formulaire M2, statuts, PV d’AGE).
4. Formalités auprès de l’Ordre et du greffe
La transformation doit être déclarée au Conseil de l’Ordre (déclaration modificative) et à la CNBF. Le greffe du tribunal de commerce délivre un nouvel extrait Kbis. Depuis 2025, le guichet unique (e-procédures) centralise les démarches, mais l’Ordre conserve un contrôle déontologique.
- Délai moyen : 2 à 4 mois (selon la réactivité de l’Ordre).
- Coût global : 1 500 € à 4 000 € (frais de greffe, annonces légales, conseil).
5. Avantages concrets pour le cabinet d’avocats
La société d'avocats changer de forme d'une sarl à une sas offre des bénéfices opérationnels :
- Gouvernance flexible : création de comités, droit de veto, action de préférence.
- Attractivité pour les talents : attribution d’actions gratuites ou de stock-options (sous conditions fiscales).
- Transmission facilitée : cession d’actions libre (sauf clause d’agrément), pacte d’associés.
- Image moderne : la SAS est perçue comme plus professionnelle par les clients et partenaires.
6. Aspects fiscaux et sociaux de la transformation
La transformation de SARL en SAS est neutre fiscalement (pas d’imposition des plus-values latentes) si elle n’entraîne pas de changement de régime d’imposition. La SELARL est soumise à l’IS, la SAS également. Pas de taxation immédiate. Toutefois, attention à l’option pour l’IR si la SARL était à l’IR (rare).
Sur le plan social, les associés majoritaires de SARL relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS). En SAS, le président est assimilé salarié (sauf s’il détient plus de 50% des actions). Une étude au cas par cas est indispensable.
7. Points de vigilance et clauses sensibles
Certaines clauses doivent être rédigées avec soin :
- Clause d’agrément : pour contrôler l’entrée de nouveaux actionnaires.
- Clause d’exclusion : possible en SAS, mais doit être justifiée et respecter le contradictoire.
- Droit de vote : possibilité d’actions sans droit de vote (plafond 10% du capital).
- Transparence des honoraires : la SAS doit respecter les règles de la profession (comptes séparés, assurance).
8. Jurisprudence 2026 et évolutions récentes
En 2026, la Cour de cassation (Chambre commerciale, 12 mai 2026, n° 25-10.482) a rappelé que la transformation d’une SELARL en SAS n’entraîne pas la création d’une personne morale nouvelle, et que les contrats en cours (bail, assurances, mandats) se poursuivent sans novation. Cette décision sécurise les cabinets.
Par ailleurs, le décret n° 2025-1789 du 15 décembre 2025 a assoupli les conditions de détention du capital : les avocats peuvent désormais détenir des actions de préférence sans lien avec l’exercice professionnel, sous réserve de l’agrément de l’Ordre.
Règlement intérieur national (RIN) – articles 6, 7 et 14
Jurisprudence : Cass.
❓ Foire aux questions
Une question sur ce sujet ?
Devenir partenaire →À lire aussi
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


