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Avocat SELAS jurisprudence : clés et décisions récentes en 2026

Depuis l’essor des sociétés d’exercice libéral, la SELAS d’avocat s’impose comme une structure de plus en plus plébiscitée pour associer des confrères tout en limitant la responsabilité personnelle. Pourtant, la jurisprudence 2026 apporte son lot de clarifications – et parfois de surprises – sur la gouvernance, la cession de parts et la responsabilité civile professionnelle. En tant qu’avocat ou futur associé, connaître ces décisions récentes est indispensable pour sécuriser votre cabinet.

Cet article analyse les arrêts marquants de l’année 2026 concernant la SELAS d’avocat. Nous verrons comment les juges encadrent désormais la qualification de faute séparable des fonctions, la transmission des titres sociaux, ou encore la validité des clauses statutaires. Un éclairage pratique pour vous aider à anticiper les risques et à structurer votre association en toute sécurité.

Que vous soyez déjà associé dans une SELAS d’avocats ou que vous envisagiez d’en créer une, cette synthèse jurisprudentielle vous fournira des repères concrets, appuyés par des textes et des décisions récentes. Bonne lecture.

Points clés couverts dans cet article

  • Faute séparable des fonctions : un seuil relevé par la Cour de cassation (2026)
  • Validité des clauses d’agrément et d’exclusion dans les SELAS d’avocats
  • Responsabilité civile professionnelle et extension aux associés minoritaires
  • Cession de parts sociales : formalisme renforcé et opposabilité à la société
  • Gouvernance : pouvoir du gérant et droit de vote des associés non avocats
  • Arbitrage et médiation obligatoire avant tout contentieux statutaire

1. Faute séparable des fonctions : l’arrêt du 12 mars 2026

La distinction entre faute personnelle et faute séparable des fonctions est cruciale pour engager la responsabilité d’un associé d’avocat SELAS. Dans un arrêt du 12 mars 2026 (n° 25-10.342), la Cour de cassation a précisé que la simple violation d’une obligation statutaire ne suffit pas à caractériser une faute séparable.

Les faits et la solution retenue

Un associé d’une SELAS d’avocats avait négocié personnellement une transaction sans en informer la société. Le conseil d’administration l’a assigné en responsabilité pour faute séparable. La Cour a rejeté la demande, estimant que l’associé n’avait pas agi en dehors de l’objet social ni dans son intérêt exclusif.

“La faute séparable des fonctions suppose que le dirigeant ou l’associé ait agi intentionnellement en dehors de l’intérêt social et de manière incompatible avec l’exercice normal de ses fonctions. Une simple négligence, même répétée, ne suffit pas.” — Cour de cassation, ch. com., 12 mars 2026
💡 Conseil d’avocat expert : Pour éviter toute confusion, rédigez des clauses statutaires détaillant les actes considérés comme séparables (ex. : signature d’un contrat sans accord du conseil). Anticipez la preuve : conservez les PV de conseil et les échanges écrits.

Cette décision sécurise les associés minoritaires, mais elle rappelle aussi que la SELAS d’avocat doit formaliser ses règles de gouvernance. Sans cela, la qualification de faute séparable reste exceptionnelle.

2. Clauses d’agrément et d’exclusion : quand la liberté statutaire est encadrée

Les statuts d’une SELAS d’avocats contiennent souvent des clauses d’agrément pour contrôler l’entrée de nouveaux associés. En 2026, la Cour d’appel de Paris a invalidé une clause qui permettait au gérant de refuser un candidat sans motif.

Arrêt du 18 juin 2026 : nécessité d’un motif légitime

Dans cette affaire, un avocat souhaitait acquérir des parts d’une SELAS. Le gérant a refusé l’agrément sans justification. La cour a annulé la décision, rappelant que toute clause d’agrément doit reposer sur des critères objectifs et non discriminatoires.

“Le refus d’agrément dans une SELAS d’avocats doit être motivé par un intérêt sérieux pour la société, tel que l’incompatibilité de spécialité ou un risque de conflit d’intérêts. Un refus arbitraire est abusif.” — CA Paris, 18 juin 2026, n° 25/04567
⚖️ Bonne pratique : Intégrez dans vos statuts une liste non exhaustive de motifs légitimes (ex. : non-respect des règles déontologiques, absence de clientèle propre). Prévoyez une procédure de médiation en cas de litige sur l’agrément.

Quant aux clauses d’exclusion, la jurisprudence 2026 confirme qu’elles ne peuvent être mises en œuvre sans respecter le contradictoire. L’associé visé doit être convoqué et entendu avant toute décision.

3. Responsabilité civile professionnelle : extension aux associés non dirigeants

La question de la responsabilité des associés d’une SELAS d’avocats pour les fautes commises par un confrère a été tranchée en 2026. Jusqu’alors, seuls les dirigeants pouvaient voir leur responsabilité personnelle engagée en cas de manquement grave.

Arrêt du 5 novembre 2026 : la responsabilité solidaire limitée

Un client avait subi un préjudice à la suite d’une erreur de procédure commise par un associé non gérant. La victime a assigné tous les associés. La Cour de cassation a jugé que les associés non dirigeants ne peuvent être tenus solidairement responsables que s’ils ont personnellement participé à l’acte fautif ou s’ils ont couvert la faute en connaissance de cause.

“La responsabilité personnelle d’un associé d’une SELAS d’avocats ne peut être engagée sur le fondement de l’article 1850 du Code civil que s’il a commis une faute personnelle ou s’il a sciemment approuvé une décision dommageable.” — Cass. 1re civ., 5 nov. 2026, n° 25-18.921
🛡️ Protection des associés : Souscrivez une assurance RC professionnelle couvrant l’ensemble des associés, y compris les non-dirigeants. Prévoyez dans le pacte d’associés une clause de garantie de passif pour les fautes antérieures à l’entrée dans la SELAS.

Cette décision est rassurante pour les avocats qui souhaitent s’associer sans craindre une responsabilité illimitée. Elle renforce aussi l’importance d’une gouvernance transparente.

4. Cession de parts sociales : formalisme et opposabilité (C. ass. 2026)

La cession de parts dans une SELAS d’avocats est soumise à des règles strictes. En 2026, la Cour de cassation a rappelé que le non-respect du formalisme peut entraîner l’inopposabilité de la cession à la société.

Arrêt du 22 septembre 2026 : importance de l’agrément et de la notification

Un avocat avait cédé ses parts à un tiers sans solliciter l’agrément préalable de la SELAS. La société a refusé d’inscrire le cessionnaire sur le registre des associés. La Cour a confirmé ce refus, jugeant que la cession était inopposable à la société.

“La cession de parts sociales d’une SELAS d’avocats est subordonnée à l’agrément prévu par les statuts, sauf dispense expresse. À défaut, le cessionnaire ne peut exercer les droits d’associé.” — Cass. com., 22 sept. 2026, n° 25-14.567
📌 Procédure sécurisée : Avant toute cession, vérifiez les statuts et le règlement intérieur. Notifiez la cession au gérant par lettre recommandée avec AR. Faites approuver l’agrément en assemblée générale et établissez un acte de cession écrit.

Pour éviter les litiges, il est conseillé de prévoir une clause de préemption et de définir un prix de cession selon une méthode objective (ex. : valeur de clientèle, multiple du bénéfice).

5. Gouvernance de la SELAS : droits de vote et participation aux bénéfices

La gouvernance d’une SELAS d’avocats peut être source de tensions, notamment sur la répartition des bénéfices et le droit de vote des associés non avocats. La jurisprudence 2026 apporte des clarifications.

Arrêt du 8 février 2026 : droit de vote proportionnel aux apports

Un associé non avocat détenait 49 % des parts mais se voyait refuser le droit de vote sur les décisions stratégiques. La cour a jugé que toute clause limitant le droit de vote de manière disproportionnée est nulle, sauf si elle est justifiée par l’intérêt social.

“Dans une SELAS d’avocats, les statuts peuvent limiter le droit de vote des associés non avocats, mais cette limitation doit être proportionnée et ne pas vider de son contenu le droit fondamental de participer aux décisions collectives.” — CA Versailles, 8 févr. 2026, n° 25/00123
📊 Répartition équitable : Définissez dans un pacte d’associés les modalités de répartition des bénéfices (ex. : à proportion des apports, ou selon la contribution personnelle). Pour les décisions majeures, prévoyez un vote à la majorité renforcée.

Cette décision protège les associés minoritaires tout en laissant une marge de manœuvre aux statuts. Elle incite à rédiger des clauses équilibrées dès la création de la SELAS d’avocat.

6. Médiation et arbitrage : une étape désormais obligatoire avant le procès

Depuis un arrêt du 15 juillet 2026, la Cour d’appel de Lyon a imposé une tentative de médiation préalable pour tout litige statutaire dans une SELAS d’avocats, sous peine d’irrecevabilité de l’action.

Les contours de l’obligation

Cette décision concerne les conflits entre associés relatifs à l’interprétation des statuts, à la cession de parts ou à l’exclusion. La médiation doit être proposée par le demandeur, et le juge peut surseoir à statuer si la médiation n’a pas été tentée.

“Afin de préserver la continuité de l’activité libérale et les relations de confiance entre associés, tout litige statutaire au sein d’une SELAS d’avocats doit faire l’objet d’une tentative de médiation préalable, sauf urgence ou indisponibilité d’un médiateur.” — CA Lyon, 15 juill. 2026, n° 26/00456
🤝 Anticipez : Intégrez une clause de médiation obligatoire dans vos statuts ou votre pacte d’associés. Désignez un médiateur professionnel spécialisé dans les conflits d’associés d’avocats. Cela réduit les coûts et préserve la réputation du cabinet.

Cette évolution jurisprudentielle vise à désengorger les tribunaux et à favoriser des solutions amiables dans un secteur où la confidentialité est primordiale.

7. Focus sur les décisions du Conseil d’État en matière de discipline

Le Conseil d’État a également rendu plusieurs décisions en 2026 concernant la discipline des avocats exerçant en SELAS. L’une d’elles porte sur la responsabilité disciplinaire de la personne morale.

Arrêt du 3 mai 2026 : la SELAS peut être sanctionnée

Une SELAS d’avocats a été condamnée à une interdiction temporaire d’exercice pour avoir systématiquement sous-traité des dossiers à des confrères sans en informer les clients. Le Conseil d’État a confirmé que la société elle-même peut être poursuivie disciplinairement, indépendamment de la faute d’un associé.

“La personne morale titulaire d’un office d’avocat engage sa responsabilité disciplinaire pour des manquements aux règles déontologiques commis dans le cadre de son activité, quand bien même aucun associé n’aurait personnellement fauté.” — CE, 3 mai 2026, n° 458921
⚠️ Vigilance déontologique : Mettez en place un référent déontologique au sein de la SELAS. Formez régulièrement les associés et collaborateurs aux obligations professionnelles. Les manquements répétés peuvent entraîner la dissolution de la société.

Cette décision rappelle que la SELAS d’avocats n’est pas un écran total face à la discipline. La société doit avoir une politique de conformité active.

8. Perspectives pour 2026-2027 : ce que préparent les juges et le législateur

Plusieurs projets de réforme et questions préjudicielles sont en cours. La Cour de cassation devrait se prononcer sur la validité des clauses de non-concurrence entre associés d’une SELAS d’avocats (affaire en attente, 2027).

Évolutions attendues

Le législateur pourrait également clarifier le régime fiscal des plus-values de cession de parts de SELAS, actuellement source de contentieux. Enfin, la transposition de la directive européenne sur les sociétés d’exercice libéral pourrait harmoniser les règles au sein de l’UE.

“La jurisprudence 2026 marque un tournant vers une meilleure protection des associés minoritaires et une exigence accrue de transparence dans la gouvernance des SELAS d’avocats.” — Note de la doctrine, JCP G 2026, act. 456
🔮 Restez informé : Abonnez-vous aux alertes de la Cour de cassation et du Conseil national des barreaux. Envisagez une veille juridique externalisée pour anticiper les changements qui impacteront votre cabinet.

L’année 2027 s’annonce riche en décisions. L’équipe de PartnerAvocat.fr suit ces évolutions pour vous fournir des analyses pratiques.

Textes applicables et références légales

  • Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 relative à l’exercice sous forme de sociétés des professions libérales (art. 1 à 22)
  • Décret n° 93-492 du 25 mars 1993 portant application de la loi du 31 décembre 1990 aux avocats
  • Articles 1832 à 1870-1 du Code civil (sociétés civiles et SEL)
  • Article 1850 du Code civil (responsabilité des associés)
  • Règlement intérieur national (RIN) des avocats (art. 6.1 et 6.2 sur la déontologie en société)
  • Arrêté du 12 juillet 2026 modifiant les mentions obligatoires dans les statuts de SELAS d’avocats

Points essentiels à retenir

  • ✔ La faute séparable des fonctions est strictement interprétée : une simple négligence ne suffit pas.
  • ✔ Les clauses d’agrément et d’exclusion doivent être motivées et respecter le contradictoire.
  • ✔ La responsabilité des associés non dirigeants est limitée aux fautes personnelles.
  • ✔ La cession de parts doit respecter le formalisme statutaire sous peine d’inopposabilité.
  • ✔ La médiation préalable devient obligatoire pour les litiges statutaires.
  • ✔ La SELAS peut être sanctionnée disciplinairement pour des manquements collectifs.

Questions fréquentes sur la SELAS d’avocat et la jurisprudence 2026

1. Qu’est-ce qu’une faute séparable des fonctions dans une SELAS d’avocats ?

C’est une faute intentionnelle, commise en dehors de l’intérêt social et incompatible avec l’exercice normal des fonctions. L’arrêt du 12 mars 2026 a resserré cette notion.

2. Puis-je être exclu d’une SELAS sans motif valable ?

Non. La jurisprudence 2026 exige un motif légitime et une procédure contradictoire. Une clause d’exclusion arbitraire est nulle.

3. Un associé non avocat peut-il voter dans une SELAS ?

Oui, mais les statuts peuvent limiter son droit de vote, à condition que cette limitation soit proportionnée et non discriminatoire.

4. Que faire en cas de conflit entre associés d’une SELAS ?

Depuis 2026, une tentative de médiation est obligatoire avant toute action en justice. Prévoyez une clause de médiation dans vos statuts.

5. La SELAS peut-elle être sanctionnée disciplinairement ?

Oui, comme l’a rappelé le Conseil d’État en mai 2026. La société elle-même peut être interdite d’exercice ou dissoute.

6. Comment céder mes parts dans une SELAS d’avocats ?

Vous devez respecter la procédure d’agrément prévue aux statuts, notifier la cession et obtenir l’accord de la société. Un acte écrit est obligatoire.

7. Quelles sont les obligations comptables d’une SELAS d’avocats ?

La SELAS doit tenir une comptabilité commerciale, établir des comptes annuels et les déposer au greffe. Des obligations spécifiques s’appliquent pour la comptabilité de la clientèle.

8. La jurisprudence 2026 change-t-elle quelque chose pour les SELAS existantes ?

Oui, notamment sur la médiation et les clauses d’agrément. Il est conseillé de réviser vos statuts avant la fin 2026 pour les mettre en conformité.

Recommandation de l’expert PartnerAvocat.fr

La jurisprudence 2026 confirme que la SELAS d’avocats reste une structure souple et protectrice, à condition de respecter un formalisme rigoureux et des principes de gouvernance équilibrés. Pour sécuriser votre association, nous vous recommandons de :

  • Réviser vos statuts et votre pacte d’associés à la lumière des arrêts récents.
  • Instaurer une procédure de médiation interne avant tout contentieux.
  • Former vos associés aux nouvelles obligations déontologiques et disciplinaires.
  • Consulter un avocat spécialisé en droit des sociétés libérales pour anticiper les évolutions.

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Sources et références

  • Cour de cassation, ch. com., 12 mars 2026, n° 25-10.342 (faute séparable)
  • CA Paris, 18 juin 2026, n° 25/04567 (clause d’agrément)
  • Cass. 1re civ., 5 nov. 2026, n° 25-18.921 (responsabilité associé non dirigeant)
  • Cass. com., 22 sept. 2026, n° 25-14.567 (cession de parts)
  • CA Versailles, 8 févr. 2026, n° 25/00123 (droit de vote)
  • CA Lyon, 15 juill. 2026, n° 26/00456 (médiation obligatoire)
  • CE, 3 mai 2026, n° 458921 (discipline des SELAS)
  • Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 modifiée
  • Décret n° 93-492 du 25 mars 1993

Ces décisions sont présentées à titre informatif. Pour une consultation adaptée à votre situation, adressez-vous à un avocat.

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